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La fois où Stéphane Bédard a offert un traitement VIP à un quidam rencontré à l’Étape

14 mai 2002. J’ai 18 ans, j’en aurai 19 dans deux jours. Passionné de politique, je suis en route pour aller visiter le Parlement et assister à la période de questions. Puisque j’ai un cousin qui vient de naître à Québec, j’invite mes grands-parents à se joindre à moi. Profitons-en pour aller rencontrer le petit David ! Partis du Lac-Saint-Jean, nous sommes dans le Parc des Laurentides. Il fait beau soleil en partant d’Alma, mais presque à mi-chemin, coup de malchance, tempête de neige ! (Oui, oui, en mai…)

Les conditions de la route sont tellement mauvaises qu’on doit se réfugier à l’Étape pendant quelques heures. Tout indique qu’on va manquer notre visite guidée prévue à 11 heures. J’aperçois alors Stéphane Bédard. Je ne le connais pas personnellement. n’ayant jamais été impliqué en politique à ce moment-là. Je vais quand même le saluer, « grand talent » que je suis…

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, je lui explique la situation, amusé de voir un membre du gouvernement retenu par la tempête au même endroit que nous. Tout de suite, il me dit « Moi je dois absolument repartir dans la tempête pour aller siéger, mais vous, attendez que la tempête passe, rendez-vous à Québec en sécurité et je vais vous arranger quelque chose. » Il prend alors son cellulaire et contacte quelqu’un. Après son appel, il me dit : « Je vous ai déplacés dans les tribunes du premier ministre pour la période de questions. Quand elle sera terminée, restez à vos sièges, je vais venir vous chercher et vous faire visiter moi-même le Parlement. »

Quelques heures plus tard, sains et saufs et fièrement assis dans les tribunes qui surplombent le Salon bleu, mes grands-parents et moi regardons la période de questions.

Dès sa conclusion, du parquet, Stéphane Bédard nous fait signe qu’il monte nous chercher. Il nous fait alors non seulement visiter les espaces publics du Parlement, mais aussi ses coulisses, soit les corridors et les bureaux inaccessibles au grand public. On se rend même dans les quartiers de la Présidente Louise Harel, avec qui on discute pendant quelques minutes. Puisque c’est jour de remise des insignes de l’Ordre national du Québec, on croise l’ancien premier ministre du Canada, Brian Mulroney, et l’astronaute Julie Payette. Toute une visite ! Mes grands-parents m’en parlent encore…

Stéphane Bédard n’avait pas l’obligation de faire ça. Il n’était pas le député de notre comté (bien que nous étions orphelins de députés, Jacques Brassard ayant démissionné en janvier). Il ne nous connaissait pas. Mais ça démontre tout le respect qu’il a pour les citoyens, qu’ils viennent de sa circonscription ou d’ailleurs.

Cette expérience m’a profondément marqué. Pendant les sept années où j’ai eu le privilège d’exercer la fonction de conseiller politique, j’ai toujours tenté d’accueillir les visiteurs au Parlement ou au ministère des Finances de la même manière que Stéphane Bédard l’avait fait pour mes grands-parents et moi. Député d’expérience avec qui je partageais la même (et rare, je l’avoue) passion pour la procédure parlementaire, il fut de bon conseil pour moi à plusieurs reprises.

Voilà pourquoi je voulais partager cette expérience et saluer Stéphane Bédard, qui vient d’annoncer sa démission, après avoir consacré 17 ans de sa vie au service public. Au revoir Stéphane !

Fermeture de LBR.ca : une page de l’information régionale au Saguenay–Lac-Saint-Jean se tourne

Alain Bergeron

Alain Bergeron, édimestre de LBR.ca

La nouvelle m’est tombée dessus comme une tonne de briques aujourd’hui : LBR.ca – Le cyberjournal du Saguenay–Lac-Saint-Jean fermera ses portes sous peu. Alain Bergeron, son fondateur/éditeur/édimestre, qui tenait à lui seul – et à bout de bras – le flambeau du journal depuis 1996, a décidé de prendre sa retraite et fermera boutique sous peu.

Si vous n’êtes pas originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, il est possible que vous n’ayez pas entendu parler de ce journal. Par contre, si vous êtes un bleuet vivant dans la région ou ailleurs dans le monde, LBR.ca a probablement fait partie de vos sources d’informations pour savoir ce qui se passe dans notre coin de pays. Les chances sont fortes que vous ayez fait partie des abonnés de son infolettre hebdomadaire. Et si vous avez travaillé dans le domaine des communications de la région, alors il va de soi que Le Bulletin Régional est un incontournable de votre liste de presse.

LBR est (je n’arrive pas à croire que je devrai bientôt utiliser l’imparfait pour en parler !) un média qui donne une place prépondérante à l’information produite par les individus et les organisations, mais où on peut aussi lire des éditoriaux, des chroniques, de l’analyse et des nouvelles. La philosophie d’Alain Bergeron repose sur les deux grands thèmes qui lui sont chers : démocratie et participation. Alain a cru au départ qu’il était utile de permettre aux citoyens d’avoir accès à l’information produite sans filtre et offrir un porte-voix à tous les courants de pensée qui souhaitaient contribuer au débat public. Le départ de cette tribune va créer un vide. Même si nous sommes à l’ère où tout un chacun peut faire entendre son opinion en deux phrases sur les réseaux sociaux, écrire un texte pour un média comme LBR demande de prendre le temps de réfléchir et d’approfondir sa pensée avant d’envoyer le texte en espérant que l’éditeur choisira de le publier.

Du canal #alma jusqu’à « l’empire LBR »

mIRC

J’ai connu Alain Bergeron au milieu des années 1990. Le jeune nerd geek que j’étais (je devais avoir 14 ou 15 ans) arpentait les balbutiements de l’Internet grand public au Québec. Tout naturellement, j’ai découvert le clavardage sur Undernet grâce au fidèle logiciel mIRC. Je suis atterri sur le canal #alma dont l’« op » était le tout puissant « Yedi », alter ego virtuel d’Alain. Après un certain temps, un GT (« get together », rencontre sociale « en vrai ») avait été organisé au légendaire Restaurant-bar Mario Tremblay.

Le livre d'or du premier GT du canal #alma !

Le livre d’or du premier GT du canal #alma !

J’y avais alors fait la connaissance d’Alain et de plusieurs personnes qui par la suite ont occupé une place dans ma vie professionnelle. Je le réalise aujourd’hui en retrouvant dans mes boîtes le livre d’or que les personnes présentes avaient signé. J’y vois Gilles Boily et Guillaume Dallaire, qui ont été mes patrons chez Digicom, un fournisseur Internet local, Stéphane Lajoie, qui partageait les mêmes bureaux avec son entreprise Agricom et René Bouchard, avec qui j’ai fait équipe plus tard chez Comunimage.net, une agence de communication almatoise.

C’est d’ailleurs alors que j’étais chez Comunimage.net que j’ai retrouvé Alain et qu’il est devenu un ami. Le Bulletin régional d’alors avait besoin d’un vent de fraîcheur et notre équipe avait fait un partenariat avec Alain pour procéder à la refonte en profondeur de l’interface du site (il y a eu une autre refonte depuis). C’est à cette époque que Le Bulletin régional, qui avait pignon sur Web sur la très longue adresse www.lebulletinregional.com, est devenu LBR.ca (d’ailleurs, il nous avait fallu quelques séances de discussion avec Alain pour le convaincre de changer le nom de son bébé ! 😉 )

C’est aussi à cette époque qu’Alain m’a fait confiance pour faire la couverture des activités des Saguenéens de Chicoutimi, au grand plaisir du passionné de hockey que je suis. J’ai dû mettre fin à cette collaboration après 2 ans, lorsque je suis passé au monde de la politique, mais j’en garde des souvenirs impérissables (et des entrevues mémorables avec Richard Martel…)

Bâtisseur d’un patrimoine numérique régional

Mari comblé d’une épouse charmante et fier père de trois enfants, dont deux œuvrent dans le monde de l’éducation et une a suivi ses traces dans le monde des médias (on peut d’ailleurs retrouver dans les archives quelques articles qu’elle a écrits pour Le Bulletin régional à la fin des années 1990), Alain est un pur régionaliste et démocrate qui croit en la nécessité d’une information régionale et diversifiée. Et il ne se gêne pas pour nous le rappeler ! Il fut un pionnier des médias régionaux sur le Web (1996!!!) et a réussi à en faire une entreprise pendant 18 ans.

Les archives en ligne de LBR sont un véritable patrimoine numérique de l’actualité régionale des dernières années. À l’instar des archives des journaux écrits qui ont été conservées sur microfilms, il faut trouver le moyen de conserver les médias 100 % numériques qui mettent fin à leurs activités. Est-ce que ça devrait se faire par le biais d’organismes comme Bibliothèque et Archives nationales du Québec ? D’une Société d’histoire ? De citoyens ou d’entreprises qui conserveraient le site en activité même s’il n’est plus mis à jour ? Je lance la réflexion. Chose certaine, il faut préserver l’immense quantité d’informations qui constitue l’héritage numérique d’Alain Bergeron et de LBR.

Merci pour ces 18 années, Alain, et bonne retraite auprès des tiens.
Merci pour ton amitié, pour ton professionnalisme et surtout, pour ta passion.

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