La chanteuse française (et native de Pierrefonds!), Mylène Farmer, aurait de quoi écrire une nouvelle version de son plus grand succès. Mais ce n’est pas qu’une seule génération, qui y serait désenchantée. Dans la foule du Texas Tribune Festival, l’élection Trump-Clinton soulève les passions, mais le désabusement occupe une place prépondérante.

Entre deux rondes d’un jeu-questionnaire sur l’actualité politique, La DOSE a jasé politique avec trois résidents d’Austin qui participent au festival. Deux cinquantenaires et une jeune femme dans la vingtaine.

Bruce, New-Yorkais d’origine et sa femme Alicia, née à Cuba et ayant immigré aux États-Unis à l’âge de 12 ans, étaient tous les deux délégués à la convention démocrate de juillet. Lui pour Bernie Sanders, elle pour Hillary. «Nos votent s’annulaient», rigole Bruce. Mais aujourd’hui, à un peu plus d’un mois du scrutin, les deux pensent voter… pour le candidat libertarien, Gary Johnson. Pourquoi ? «J’en ai marre d’Hillary», de rétorquer Alicia. La peur que Trump soit élu et le fait que Clinton soit une femme pourraient ramener Alicia dans le giron de la candidate démocrate, mais si l’élection avait lieu aujourd’hui, elle voterait pour le candidat libertarien.

Chris Cillizza, journaliste au Washington Post et animateur de Politics & Pints.

Chris Cillizza, journaliste au Washington Post et animateur de Politics & Pints.

Étudiante dans le domaine de la Santé à l’Université du Texas à Austin, Hannah s’identifie comme républicaine, mais la perspective de voter pour le candidat désigné ne l’enchante guère. Ne se disant pas très politisée, elle a quand même décidé de faire du bénévolat au Festival. Pour elle, le choix se résume entre voter pour la «corruption d’Hillary Clinton» ou pour l’ensemble de l’oeuvre de Donald Trump. Elle ne sait toujours pas ce qu’elle fera.

Plusieurs intervenants lors de la séance de questions qui a suivi le tête-à-tête avec le sénateur Ted Cruz semblaient aussi embêtés. «Toute ma famille a voté pour vous aux primaires, a indiqué un étudiant à Cruz, mais on va devoir se résigner à voter pour Hillary.»

Nombre d’entre eux ont critiqué le sénateur qui, la veille, avait appuyé publiquement Trump après avoir refusé de le faire à la convention républicaine. Il invitait alors les gens à «voter avec leur conscience».

Pour Ted Cruz, l’élément qui l’a fait pivoter dans le camp Trump est la publication par son équipe de campagne d’une liste de candidats à la Cour suprême parmi lesquels Trump choisirait. «Mon ami [le sénateur de l’Utah] Mike Lee est en tête de cette liste», a ajouté Ted Cruz

Le modérateur, Evan Smith du Texas Tribune, a demandé à Cruz s’il avait décidé de pardonner à un homme qui a attaqué l’apparence de sa femme, qui a laissé entendre que son père était impliqué dans le meurtre du président Kennedy et qui a remis en question la citoyenneté américaine du sénateur. «Oui», a simplement répondu Cruz, qui a aussi admis que Trump ne s’était pas excusé en public ni en privé.

En vrac…

  • Posant plusieurs questions sur le Canada, particulièrement sur son système de santé, les trois sont demeurés en admiration à la vue de la carte Soleil. «Cette carte vaut deux millions de dollars !», s’est exclamé Bruce.
  • Après que la ville d’Austin ait mis en place des règles très contraignantes, notamment en exigeant la prise d’empreintes digitales, les Uber et Lyft de ce monde ont quitté le marché en mai, après l’échec d’un référendum visant à abolir ces règles. Mais un TNC (Transportation network company, comme on les appelle ici) à but non lucratif est né: RideAustin. Présentant une application en tout point semblable à celle d’Uber, RideAustin prétend offrir une rémunération supérieure aux chauffeurs par rapport à ses concurrents.


Le Texas Tribune Festival se termine dimanche avec deux le panel «2016 WTF?» qui sera suivi d’un entretien avec Evan McMullin, un ex-agent secret qui a travaillé pour la CIA pendant plus de 10 ans et qui est candidat indépendant à l’élection présidentielle du 8 novembre.

Photos: Courtoisie/The Texas Tribune

L’auteur de ce billet a bénéficié d’une bourse de l’Office Québec-Amériques pour la Jeunesse lui permettant de couvrir une partie des frais du voyage.