Bilan de la nouvelle 2014: PKP et Julie, power couple du Québec

Pour une 10e année consécutive, la firme Influence Communication a publié ce matin sa publication État de la nouvelle : Bilan 2014 (PDF, 30 Mo). Encore une fois, on peut y constater que la politique québécoise occupe une grande place dans nos médias mais aussi que l’intérêt des médias pour Pierre Karl Péladeau, était bien présent avant même son arrivée en politique.

PKP et Julie, power couple médiatique du Québec

Le candidat à la direction du Parti Québécois, Pierre Karl Péladeau et sa fiancée, l’animatrice Julie Snyder, faisaient déjà l’objet d’une grande médiatisation avant même l’entrée en politique de M. Péladeau.

Même en excluant les mentions concernant son implication politique, PKP occupe le premier rang des personnalités du monde des affaires, avec un poids médias de 13 % (suivi en deuxième place par Gilbert Rozon à 5 %).

Québecor est d’ailleurs l’entreprise du Québec la plus mentionnée par les médias, avec un poids de 5,42 %.

Julie Snyder, de son côté, trône au sommet du classement des personnalités du monde des médias, avec un poids médias de 5,46 % (Véronique Cloutier et Mario Dumont suivent de près, tous les deux avec un poids médias supérieur à 5 %).

La nouvelle de l’année

Alors que la politique fédérale a un poids médias d’environ 5 % (stable par rapport à l’an dernier), la politique «provinciale et régionale» occupe 14 % du volume médiatique au Québec (une hausse de 2 points de pourcentage).

Sans surprise, c’est la campagne électorale québécoise du printemps qui trône au sommet du palmarès.

Comme l’indique Influence:

Depuis les dix dernières années, Influence Communication soupèse l’actualité et jamais une campagne électorale n’a obtenu un poids médias aussi élevé que celle de ce printemps, qu’elle soit fédérale ou provinciale.

Avec au moins 20 % de poids médias durant cinq semaines, et même près de 25 % dans les jours qui ont précédé le vote du 7 avril, le scrutin provincial sort grand gagnant des sujets les plus médiatisés de l’année.

En fait, seuls les attentats de Saint-Jean-sur-Richelieu et d’Ottawa seront parvenus à flirter avec ces chiffres… mais le temps d’une semaine uniquement.

Influence démontre qu’encore une fois, c’est le parti le plus médiatisé qui a remporté les élections, comme on peut voir sur ce graphique:

Note: des lecteurs à l’oeil de lynx ont mentionné en commentaires qu’il semble y avoir une erreur dans le graphique d’Influence. Le PQ et le PLQ ont été inversés dans la légende.

Par contre, c’est Pauline Marois qui fut la plus médiatisée des chefs de partis (38 %) alors que Philippe Couillard fut le moins médiatisé des chefs des 3 principaux partis (27 %), coiffé de peu par François Legault (28 %). Le PLQ fut d’ailleurs le seul parti où l’équipe a fait l’objet de plus de médiatisation que son parti (40 % vs 60 %). Au PQ, c’était de 58-42, à la CAQ 61-39, à QS 71-29 et à ON 93-7 !

Jean-François Dumas ajoute d’ailleurs:

Si la campagne a été largement médiatisée, jamais on n’aura si peu entendu les chefs. En 2007, chacun avait environ 20 secondes de temps de parole dans les bulletins de fin de journée. Cette proportion a chuté entre 10 et 15 secondes. On parle d’eux, mais on les entend très peu. Plus que jamais la campagne se vit à travers les analyses des commentateurs.

On peut aussi noter que parmi les tendances les plus populaires sur Twitter au Québec en 2014, le mot-clic #qc2014, qui représentait l’élection, occupe le second rang, devancé par le mot Montréal et suivi par #GenieArmy (Eugenie Bouchard), #ceic (Commission Charbonneau) et #GoHabsGO.

Les thèmes de la campagne

C’est l’éthique et corruption qui ont dominé la campagne (18%), suivis de près par l’économie (17%) et la souveraineté (15%). Selon influence, les médias ont accordé dans cette campagne 6 fois et demi moins d’attention à la santé qu’en temps normal, 25% moins d’attention à l’économie et 12 fois moins aux dossiers d’infrastructures.

Fait à noter: les sondages ont représenté 10 % du poids médias de la campagne.

La politique québécoise

Dans l’ensemble, les nouvelles touchant de près ou de loin la politique québécoise occupent 16 places au top 50 des nouvelles les plus médiatisées de l’année:

  • 1. Campagne électorale au Québec : dernier droit avant le jour du scrutin (poids médias de 24 % sur 7 jours)
  • 3. Élection d’un gouvernement libéral majoritaire (23 % sur 7 jours)
  • 9. Philippe Couillard présente son cabinet des ministres
  • 12. Dépôt du budget Marceau
  • 14. Dépôt du budget Leitao : le Québec se serre la ceinture
  • 18. Conflit sur les régimes de retraite : début de la Commission parlementaire
  • 21. Rumeurs d’élection : Investitures et dévoilements de candidats
  • 22. Début des audiences publiques de la Commission parlementaire sur la Charte de la laïcité
  • 25. Commission Charbonneau : témoignage de Tony Accurso
  • 37. Prime d’Yves Bolduc : tension et demande de révision
  • 38. Élections scolaires : environ 4 % de la population exerce son droit de vote
  • 39. Conflit sur les régimes de retraite : 44 employés accusés suite au saccage de l’hôtel de ville de Montréal
  • 43. Commission Charbonneau : témoignage de Michel Arsenault
  • 45. Conflit sur les régimes de retraite : Philippe Couillard ne reculera pas, les moyens de pression s’accentuent
  • 47. Évasion de la prison d’Orsainville : Québec met en place une enquête interne
  • 48. Commission Charbonneau : témoignage de Nathalie Normandeau

Les personnalités médiatiques

Sans surprise, ce sont Philippe Couillard, Pauline Marois et Stephen Harper qui composent le top 3 des personnalités les plus médiatisées au Québec. François Legault se place au 9e rang, coincé entre deux PK (Subban et Péladeau) !

Le maire de Montréal, Denis Coderre, occupe la 12e place alors que Jean Charest est toujours présent en 14e place 2 ans après son retrait de la vie politique !

Parmi les autres personnalités politiques du top 50, on trouve Justin Trudeau (16e ), Régis Labeaume (21e ), François Hollande (28e ), Gaétan Barrette (31e ), Yves Bolduc (34e ), Bernard Drainville (39e ) et Thomas Mulcair (42e ).

À noter: alors qu’on retrouve 14 personnes du monde politique dans le top 50, on y trouve 20 joueurs des Canadiens de Montréal (21, en ajoutant l’entraîneur Michel Therrien) !

L’opinion trop présente dans nos médias ?

Alors qu’on entend souvent que les médias québécois nous servent trop d’opinion et pas assez d’information, Influence a décidé de mesurer le tout «pour en finir avec les idées reçues».

D’ailleurs, le rapport nous sert un avertissement:

Attention! Après avoir lu cet article, vous ne pourrez plus vous adonner à l’une des activités préférées des Québécois, à savoir pester contre la prédominance de la chronique dans les médias en général et dans le Journal de Montréal en particulier. Car non, le commentaire ne prend pas plus de place à Montréal qu’à Toronto, bien au contraire. Et non, le Journal de Montréal n’est pas celui qui s’y consacre le plus dans la métropole québécoise. C’est en réalité La Presse qui, à ce chapitre, remporte la palme.

Le tableau qu’on peut lire dans le rapport est étonnant:

Capture d’écran 2014-12-16 à 08.43.44

À force d’entendre les observateurs se plaindre de l’omniprésence des chroniqueurs dans leurs journaux, Influence Communication a voulu savoir si ces derniers prenaient réellement une place démesurée dans leurs colonnes. La méthode? Comparer les scènes montréalaise et torontoise. Durant la semaine du 12 au 18 novembre, l’équipe a épluché les éditions papier de La Presse, du Journal de Montréal, du Devoir et de The Montreal Gazette d’un côté, du Globe and Mail, du National Post, du Toronto Sun et du Toronto Star, de l’autre.

La Presse et The Globe and Mail en tête

Avec moins d’un quart du contenu journalistique consacré à l’opinion à Montréal, la métropole québécoise se place ainsi loin derrière sa rivale ontarienne, les chroniqueurs accaparant là-bas plus du tiers de l’espace médiatique. Pierre Rondeau, directeur de production chez Influence Communication, explique notamment que les lecteurs torontois ont le droit à plus de commentaires sur les nouvelles économiques, alors que Montréal a tendance à ne donner que les chiffres bruts.

« Nous sommes aussi tombés en pleins scandales sexuels avec les révélations au sujet de Jian Ghomeshi et les allégations d’harcèlement au parlement d’Ottawa, ajoute-t-il. Des sujets qui ont fait plus réagir, et donc apporté un plus grand lot de chroniques, en Ontario. »

Bref, encore une fois cette année, le Bilan d’Influence Communication est une lecture obligatoire pour le fanatique de politique ou le news junkie.

Source des images et des citations

Influence Communication, État de la nouvelle, Bilan 2014 Québec, publié le mardi 16 décembre 2014

3 Commentaires

  1. David Champagne

    16 décembre 2014 at 09:58

    Je crois qu’il y a une erreur dans la 1re image, celle du poids média des partis politiques.

    Vous dites que lors des 2 dernières élections, c’est le parti le plus médiatisé qui les a respectivement remportées. L’image dit le contraire: En 2012, le Parti Libéral (en bleu?) aurait été plus médiatisé, mais n’a pas gagné dans les faits. En 2014, le Parti Québécois (en rouge?) aurait été plus médiatisé, mais n’a pas gagné dans les faits.

    Bonne correction :)

    • Il s’agit du graphique d’Influence et non le mien… En effet la légende semble avoir inversé PQ et PLQ mais si on se fie au texte le rouge correspond donc au PLQ et le bleu au PQ!

      Vous avez un oeil de lynx ! Merci du commentaire. Je vais ajouter une màj au texte.

  2. Bonjour,
    J’allais effectivement porter le même commentaire que M. Champagne.
    Merci pour ce bilan!

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